Je n’ai aucune affinité avec Jean-Marie Le Pen, ni même le moindre respect. Les idées qu’il défend et qu’il a toujours défendu sont dangereuses, erronées et je me félicite qu’il n’ait jamais accédé à un quelconque pouvoir. En règle générale, je pense tout autant de mal de ses soutiens et de ses amis.
Néanmoins parmi ceux-là figure Alain Soral qui est quelqu’un de particulièrement intelligent. Tellement intelligent que je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a un énorme gâchis. En effet le mouvement (ou est-ce un parti) qu’il a créé, Egalité et Réconciliation, est d’un intérêt proche du zéro et les personnalités qui gravitent autour sont souvent plus que douteuses. Mais justement comme je le disais plus haut, Soral est un homme très intelligent (et dont les partis de gauche auraient mieux fait d’utiliser les idées avant qu’il ne “s’extrémise” et bascule vers la droite nationaliste) et il a pondu un texte sur le site d’E&R particulièrement juste et dont je partage quasiment tous les points.
Dans ce texte intitulé Pour le droit au blasphème, Soral commence par “Monsieur Le Pen a tort, la chambre à Gaz n’est pas un détail” avant de continuer avec des idées particulièrement vraies et intéressantes et dont certaines mériteraient une audience plus importante.
Quand il écrit notamment à propos des dernière déclarations de Le Pen et de la liberté d’expression :
Une petite phrase inattaquable - dois-je le rappeler ? - aux Etats unis d’Amérique, qui ne sont pourtant pas le pays de l’antisémitisme, parce que là-bas le 1er amendement garantit à tous, et pas seulement à Finkielkraut et ses sorties sur les « antillais qui filent un mauvais coton » ou « l’équipe de France black-black-black qui serait la risée de l’Europe », la liberté de pensée et d’opinion.
Ou encore :
En tant qu’intellectuel français dissident, moi, Alain Soral, qui ne bénéficie même pas des soutiens d’un Soljenitsyne du temps de sa splendeur dans le Vermont (va savoir pourquoi ça s’est gâté depuis), par ce simple texte, je réclame haut et fort, face aux désapprobations tonitruantes et aux silences gênés, le droit au blasphème pour tous, pas seulement pour Houellebecq ou Philippe Val de Charlie Hebdo.
Enfin, un peu plus polémique mais pourtant au final difficilement attaquable :
50 millions de morts, russes, communistes, polonais, anglais, américains, civils, résistants, japonais et mêmes allemands et, parmi eux, 500 mille morts Français, ce n’est presque plus rien face à la chambre à gaz, ou aux 28 mille enfants juifs que certains voudraient faire assumer pour l’éternité aux écoliers de France innocents.
Dans ma famille de Résistants savoyards où la guerre nous a coûté six morts et la ruine - comme elle coûta son père au petit Jean-Marie -, nous avons nous aussi sauvé des vies ; seulement c’était des Espagnols. Il faut dire qu’en ce temps là si on sauvait des juifs, on ne le faisait pas pour sauver le peuple élu mais pour sauver des êtres humains tout court, menacés par la méchanceté et la violence des hommes. À l’époque, on ignorait que 60 ans plus tard ne seraient plus comptabilisés que les sauvés marqués d’une étoile, et que sur le marché des Justes, ça ne vaudrait plus rien les Espagnols !
Au final, un texte juste, certes un peu polémique mais j’aimerais voir au moins à moitié autant d’intelligence dans les textes des responsables politiques actuels (n’est-ce pas Mme Royal et M Sarkozy ?).
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